1966. Après une période placée sous le signe de la créativité et marquée par des succès aussi retentissants que Good Vibrations et l’album Pet Sounds, Brian Wilson - fondateur et leader des Beach Boys - sombre dans une grave dépression.
Paranoïaque, tourmenté par des délires mystiques et accro aux amphètes et au haschich, Brian, qui ne tourne déjà plus avec le groupe depuis 1964, vit de plus en plus reclu dans sa villa et se met à adopter un étrange mode de vie teinté de psychédélisme et rythmé par ses nombreuses obsessions. Se gavant de hamburgers tout en prônant le végétarisme, ordonnant des aménagements aussi délirants qu’un gymnase dans le studio d’enregistrement et organisant désormais toutes ses réunions de travail dans sa piscine (”Car on ne raconte pas de bobards quand on est dans l’eau“, disait-il), Brian Wilson va jusqu’à exiger la construction dans son salon, entre quelques tentes de méditation, d’un bac à sable géant.
“Dans ce qui avait été sa salle à manger, Brian fit construire une sorte de compartiment en forme de boîte, avec des cloisons hautes de plus d’un mètre. Il y installa ensuite son piano à queue et remplit le bac d’une couche de sable épaisse de soixante centimètres environ, pour pouvoir jouer du piano pieds nus dans le sable. Il se servit aussi de ce bac à sable pour les réunions, car on pouvait se rouler deddans et s’enfoncer assez profond.”
Et c’est ainsi que pendant des mois, Brian Wilson passa le plus clair de son temps à composer sa musique au beau milieu de son bac à sable, au grand étonnement de ses visiteurs, comme en témoigne son agent à qui Brian confia un jour tristement : “Le bac à sable doit disparaître. Il y a du sable partout, dans la nourriture, dans le lit, dans nos vêtements. Les chiens en ont mis partout dans la maison, c’est devenu insupportable.”
Brian Wilson délaissera son bac à sable à la fin de l’année 1967, tandis que sa dépression le poursuivra jusqu’au début des années 1980, époque de son retour et de la sortie de l’album The Beach Boys (1985).
Citations empruntées à Nick Kent dans The Dark Stuff / L’Envers du Rock (éditions Naïve)



